En date du 19 juin 2021, lors d’une assemblée générale, se sont déroulées les cérémonies de remises et reprise entre le président sortant Népomucène Sindayihebura et le nouveau président fraîchement élu du club. Nous l’avons approché pour qu’il dresse son parcours et son bilan.

Népomucène Sindayihebura président du Club URUNANI BBC , pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter en quelques mots (perso, pro, sportif) ?

Je suis d’une cinquantaine d’années, marié et père de 4 enfants dont 2 filles et 2 garçons. Je suis ingénieur agronome de formation et je travaille dans l’humanitaire depuis plus de 20 ans. Du point de vue sportif, j’aime  tous les sports collectifs comme le Basketball, Volleyball, Handball et Football. Mais j’ai pratiqué comme compétition  3 sports à savoir le  Basketball , le Volleyball (à bas âge) et le handball. Jusqu’à présent, je joue toujours au Basketball  bien sûr pour entretenir mon corps.

De l’école  primaire jusqu’au tronc commun, je jouais au volleyball et j’ai commencé  le basketball  et le handball au cycle supérieur au lycée de Musinzira à Gitega. A cette même période, j’étais joueur du club Nderagakura qui était constitué d’une sélection des joueurs- élèves et personnel enseignant de la province de Gitega. Cette  même équipe existait  déjà à Bujumbura.

Apres le lycée, je devrais continuer à jouer pour l’Université du Burundi, mais malheureusement, beaucoup de facteurs ont fait que je n’intègre pas directement le club de Basketball de Rumuri ( Université du Burundi).

En revanche, j’ai été sélectionné pour l’équipe de handball, mais  c’est après ma 3e année, que j’ai intégré le club de basketball en tant que joueur, coach. Après, j’étais membre de la commission technique au sein de l’ACBAB. En 1998, j’ai dû aller travailler à Ruyigi et j’ai mis en place une association de basketball  avec beaucoup de joueurs  qui ont bien évolué  même au sein de l’ACBAB.  En 2007, j’ai été porté à la tête de la Fédération de Basketball du Burundi (FEBABU) pour un mandat de 4 ans.

Durant mon mandat, en 2010, j’ai pu négocier et obtenir l’organisation du championnat  des clubs de la zone 5  pour la première fois au Burundi et cela a été un tremplin pour nos clubs pour aller chercher les victoires les  années qui ont suivi (3 titres pour le club Urunani). 

En évoluant dans le domaine  humanitaire et sportif, cela m’a beaucoup aidé dans la gestion des biens et des personnes  même si c’est difficile.  Cela demande  certaines qualités  qui m’ont beaucoup apporté dans mon parcours sportif et même professionnel notamment l’engagement, le contrôle ou la maîtrise de soi et de mes émotions, le respect, le sens de l’écoute, l’optimisme ou encore l’autorité.

Vous avez été président du club URUNANI pendant ces 3 dernières années, qu’est-ce qui vous a motivé à assumer ces responsabilités ? Pourriez-vous nous livrer votre bilan de toutes ces années ?

Effectivement, je viens de faire 3 ans et demi à la tête de cette prestigieuse équipe d’Urunani.           Comme je l’ai dit, j’ai la passion du  basketball et j’aime la jeunesse et je  suis ravi quand je la vois grandir devant mes yeux. J’ai connu le club Urunani dans les années 1984 -1985 par l’intermédiaire de certains membres de la famille qui  étaient membres du club. Au cours des années 1995, je commençais à côtoyer les anciens et discutais de la vie du club. Mais  je me suis un peu plus  intéressé au club  Urunani en 1993- 1994 quand je jouais pour le club RUMURI BB et  je faisais partie de la commission technique de l’ACBAB de cette  époque. Par la suite, en 2004- 2005 quand j’étais à Ruyigi, j’ai fait monter certains des joueurs du club  Urunani pour jouer dans les nouveaux clubs que nous venions de promouvoir à Ruyigi.  A ce moment, j’ai commencé à tisser de très bonnes relations avec les responsables du club et avec les membres et je commençais même à  faire de petites contributions pour certaines  activités du club. 

A un moment, j’ai été  approché par les responsables du club qui m’ont demandé si je pouvais accepter cette noble mission de diriger le Club URUNANI.

Mais j’ai beaucoup hésité et résisté à prendre cette lourde responsabilité surtout à cause de mon emploi du temps,  mais aussi parce que je voyais que la mission était difficile.

Ils ont continué à insister et j’ai fini par accepter cette noble mission au mois de novembre 2017 et j’ai été présenté et promu à la présidence du Club lors de l’assemblée générale du mois de janvier 2018.        Même si je ne doutais  pas de mon engagement et mon  savoir-faire dans la gestion de clubs ou associations sportives, j’étais quand même conscient de la tâche  et des défis qui m’attendaient. D’abord maintenir le club au sommet  avec  un nombre limité de joueurs, mais aussi avec une partie des membres du club poussée à l’exil, à l’étranger. C’était un chantier immense. Mais je voulais relever le défi  et j’adore ce genre de défis.

Bilan de mes 3 ans  et 6 mois :

  • Résultats sportifs :

Au cours de la période 2009 à 2014, le club était au sommet avec des joueurs talentueux et assez matures. Par conséquent, après 2014, au moment où les joueurs de la division A commençaient à prendre de l’âge, d’autres ayant été approchés et transférés dans les clubs de la région, le club n’a pas retrouvé  la place d’avant au niveau des résultats sportifs. 

Toutefois, malgré cette situation avec presque de nouveaux joueurs, le club a remporté beaucoup de trophées, comme les tournois d’ouverture, Play off, coupe des héros et d’autres  tournois organisés par la FEBABU, l’ACBAB et les autres associations. Le club  s’est toujours bien classé ; 2e au niveau national.

  • Les textes régissant le club

Le club a été agréé par le ministère de la jeunesse, des sports et de la culture (selon la nouvelle loi sur le sport).                                                                                                                                                                            Le club s’est doté de Statuts et règlements d’ordre intérieur adaptés à la nouvelle loi sur le sport et les associations  sans but lucratif.

  • Projets/Sponsoring

1.Le club a bénéficié du financement de l’Ambassade de France dans le cadre du projet «  Renforcement du leadership et de la cohésion sociale des jeunes à travers le basketball ».

Trois volets ont été exécutés dans le cadre dudit projet :

Réhabilitation du terrain de Jabe

Championnat des joueurs de moins de 18 ans 

Achat des équipements sportifs

2.Le Club a signé une convention avec l’Université Martin Luther King pour l’octroi de places aux lauréats joueurs gratuitement (Seulement en payant un forfait de 100 milles par an et par joueur comme frais d’inscription)

3.Le club a également signé un partenariat gagnant- gagnant avec la société d’Assurance EGIC. Ceci va renforcer la visibilité et les caisses du club.

  • Encadrements des joueurs

Le club a mis en place une politique de payer les frais scolaires – minerval / (secondaires + université) pour tous les joueurs qui en expriment le besoin. Le club a encouragé et a payé les frais d’inscription, formation sur la conduite automobile pour ceux qui le désirent. Le club a payé les frais pour le test final de conduite automobile pour les joueurs ayant réussi et a même payé les frais d’obtention des permis de conduire.

  • Mobilisation/Entraide Sociale entre membres.

Durant notre mandat, le club a  encore été plus populaire qu’avant par une mobilisation accrue de nouveaux membres et le retour des anciens. Le volet social caractérisant les Barundi a  été renforcé.  Le club s’est doté d’autres équipements largement au-dessus de ceux des équipes de Bujumbura et de l’intérieur notamment les uniformes, survêtements et chaussures identiques à tous les joueurs.

Les anciens joueurs se sont constitués en groupes de travail et de réflexion et ont commencé à soutenir le club par des dons et appuis en nature comme ballons, maillots et autres équipements.

  • Communication.

 Le club dispose d’un site de communication des informations sur la vie du club et du basket burundais en général sont partagées pour tout public avisé. Tout cela dans le but de faire connaître le club au monde extérieur. 

Parlez-nous du quotidien d’un dirigeant du club comme Urunani : en quoi consiste-t-il ?

Personnellement quand je m’engage dans quelque chose, je le fais à fond. Je ne triche pas dans les engagements que je fais.  Quand j’ai été porté à la tête du  club, il y avait un peu de relâchement au niveau des membres, peu de joueurs mais avec un engouement affiché de l’association de fans d’aider mais en passant dans un autre canal non conventionnel. Je devais  d’abord  chercher  les joueurs et pouvoir canaliser les  idées du comité exécutif et des  fans qui quelquefois divergeaient ; je devais organiser beaucoup de réunions entre les deux. 
En plus des réunions du comité exécutif, des réunions avec le comité des fans, le président doit aussi rencontrer quelquefois les joueurs pour causer, les écouter et les motiver car ils ont certaines doléances à prendre en compte. Il faut passer aux entraînements régulièrement, au moins 2 fois par semaine (moi j’en faisais plus d’ailleurs), assister aux matches et échanger avec les staffs techniques avant et après les matches.

Ensuite, le président avec son comité est appelé à mobiliser  toujours les  anciens membres, chercher l’adhésion de nouveaux  et canaliser les contributions financières. 

Le  Président cherche également des sponsors à gauche à droite pour faire vivre le club.

Il doit beaucoup travailler avec tact et doigté en collaboration avec  le staff technique pendant la période de transfert et de recrutement des joueurs.

Le président est comptable de la gestion quotidienne du club et doit donner le rapport à l’assemblée générale au moins une fois  l’an.

En tant que président, quels sont vos plus grandes fiertés ou vos plus beaux souvenirs au sein du club Urunani ? 

Si je devais les énumérer toutes c’est une multitude de fiertés, mais permettez-moi d’élucider ces quelques points :

– Le jour où j’ai été porté à la tête de ce club de cœur ;

– Lors de l’inauguration du terrain réhabilité  au quartier Jabe pour le club URUNANI ;

– La première coupe remportée sous ma présidence ;

– Quand 3 joueurs qui avaient abandonné l’école ont  accepté séance tenante lors d’une assemblée générale de reprendre les chemins de l’école. Ils sont  pour le moment en 3e année de l’’université ;

– A la fin de mon mandat, tous les joueurs ayant besoin des frais scolaires (secondaires et Université) en ont bénéficié sans problèmes (plus de 14 joueurs) ;

– Le  volet social qui a été renforcé durant mon mandat ;

– La dotation de nouveaux équipements aux joueurs et membres- fans ;

– L’animation (chants et danses) des fans sur terrain lors des matches importants

Quelles ont été pour vous les difficultés les plus compliquées à gérer ?

Je ne pourrais pas les énumérer toutes, mais je vous dirais au moins 3 majeures :

– Reconstituer une équipe plus compétitive : très difficile avec des joueurs recrutés à gauche à droite

 – Renouer un dialogue franc et sincère avec l’association des fans dans le but d’œuvrer dans la même direction dans  la  gestion du club (rôle de chacun).

– Pouvoir mobiliser des ressources matérielles et financières pour faire marcher un club comme Urunani

Y a-t-il tout de même un goût d’inachevé ? 

Je peux dire oui et non.

Oui parce que pour des raisons purement professionnelles, j’ai  décidé de ne pas continuer à diriger le club. Je n’étais pas préparé pour ça.

Il y avait des projets à l’avenir notamment en termes de renforcement de l’équipe pour gagner plus de trophées. Je voulais aussi  mettre en place une politique de  sponsoring. L’encadrement de l’équipe de la 2ème division (équipe B). Je venais  de constituer un club avec des jeunes de moins de 16 ans  tous, des quartiers proches du terrain de Jabe. Nous avons trouvé un encadreur très dévoué qui connaît bien ces jeunes et je voudrais bien les accompagner pendant au moins 2 ou 3 ans. Je suis convaincu que mes successeurs vont continuer cet encadrement. N’avoir pas pu ramener une minorité de certains fans qui ne suivent pas les directives du comité exécutif et qui ne voulaient pas marcher dans la direction du club sans aucune raison valable.

Non car même  seulement  avec mes 3  ans et 6 mois  à la tête du club, j’ai accompli pas mal de choses  ( citées en haut comme bilan)  pour le club qui vont constituer la base, un grand fondement pour mes successeurs et j’en suis très fier.

Comment allez-vous continuer à soutenir votre club  

En un seul mot, je me sens encore redevable et je vais toujours contribuer financièrement car ma présence aux entraînements et aux matches est pour le moment difficile à assurer. Aussi, je vais continuer à faire  la mobilisation des membres comme avant. Et je reste disponible pour donner des avis et considérations pour tel ou tel projet qui pourrait développer le club dans toutes ses dimensions.

Pour finir, quels messages souhaiteriez-vous véhiculer  à tous les amoureux et supporters du club URUNANI ? 

Le message est simple : 

Je remercie les membres de mon comité, tous les membres du club et fans et tous les joueurs.  Je remercie aussi mon épouse qui m’a beaucoup soutenu, surtout dans l’élaboration du projet de réhabilitation du terrain. Le Club URUNANI  est toujours là et compétiteur, et  toujours avec sa devise ISHAKA et comme objectif : encadrer la jeunesse dans toute sa dimension. Je suis membre et je reste le grand supporteur du club.

Je souhaite aux nouveaux dirigeants du club, aux membres, aux fanas et aux joueurs de remporter plus de coupes  et trophées et de toujours œuvrer comme une Famille.

URUNANI= ISHAKA = FAMILLE